Un ponceau porte deux choses à la fois
Il laisse passer l'eau sous un accès, et il porte la charge qui roule dessus. Ces deux fonctions se contredisent : plus le tuyau est enterré profond, mieux il supporte la charge, mais plus il faut de dégagement dans le fossé. Toute l'installation consiste à trouver le compromis sur le terrain réel.
Le dimensionnement
Le diamètre ne se choisit pas au hasard ni par imitation du voisin. Il se déduit du bassin versant en amont, de la pente du fossé et du débit que le ponceau devra évacuer lors des crues, pas lors d'une journée sèche. Un ponceau sous-dimensionné se bloque au premier printemps et refoule sur la route.
L'assise
Le tuyau repose sur un lit de pierre concassée compactée, réglé à la pente voulue sur toute sa longueur. C'est la partie que personne ne voit et qui décide de tout : une assise molle ou irrégulière laisse le ponceau s'affaisser par sections, et un tuyau affaissé retient les sédiments.
Le remblai
Il se met en place par couches compactées de part et d'autre, symétriquement, pour que le tuyau ne se déforme pas latéralement. Le recouvrement au-dessus de la génératrice doit être suffisant avant qu'un véhicule ne passe — c'est la règle la plus souvent enfreinte, et la plus coûteuse à rattraper.
Ce qui est encadré
Les travaux touchant un fossé ou un cours d'eau sont encadrés par la municipalité et par la réglementation provinciale, et les exigences varient selon le milieu. La vérification se fait auprès de votre municipalité avant le début des travaux : certaines interventions demandent une autorisation préalable, et l'obtenir après coup coûte toujours plus cher que de la demander avant.