La moitié invisible du chantier
Sur un ponceau, la pose du tuyau prend une heure. Ce qui prend la journée, c'est l'excavation, le réglage de l'assise et le compactage du remblai. C'est aussi ce qui décide si l'ouvrage tient dix ans ou trente.
L'excavation
La tranchée est creusée assez large pour permettre de compacter de part et d'autre du tuyau, pas seulement pour le laisser descendre. Une tranchée trop étroite empêche le compactage latéral, et un remblai non compacté laisse le ponceau s'ovaliser sous la charge.
Le lit granulaire
Pierre concassée mise en place et compactée par couches, réglée à la pente du tuyau. Sur sol mou ou organique, une excavation plus profonde et un géotextile évitent que l'assise ne s'enfonce dans le sol en place. C'est une décision qui se prend dans le trou, une fois le sol vu.
Le compactage
Il se fait par couches minces, de chaque côté également, jusqu'au-dessus de la génératrice. Compacter un côté avant l'autre déplace le tuyau ; monter par couches trop épaisses laisse des vides qui se tasseront plus tard sous la chaussée.
L'enrochement
Pierre de calibre adapté à la vitesse de l'eau, posée sur membrane aux deux extrémités. C'est ce qui empêche l'affouillement de déchausser le ponceau par le dessous, le mode de rupture le plus fréquent après le sous-dimensionnement. Un enrochement posé sans membrane s'enfonce dans le sol en quelques crues et cesse de protéger quoi que ce soit.